"L’œuvre d’art, qu’elle travaille les mots, les sons ou les images, est toujours de l’ordre de la représentation. Elle impose donc par nature une distanciation qui permet de l’accueillir sans la confondre avec la réalité".

  En réponse aux demandes de censure, aux accusations calomnieuses et répétées de Louis-Georges Tin président du CRAN : Philippe Savoir travaille depuis très longtemps avec la couleur et les masques. La référence pour ces images, s’il faut en voir une, se trouve plutôt du coté des traditions carnavalesques, « Der Wilde Mann » en suisse ou des « S'Urtzu » de Sardaigne, qui entretiennent tous un rapport très étroit avec la nature et les rites paysans. Dans ces traditions ils noircissent leurs figures pour disparaitre sous leur déguisements, ce qui n’a rien à voir avec le « blackface » ou une quelconque représentation de l’homme noir, tel que l'entend le CRAN. L’univers du clip rappelons-le est totalement imaginaire, onirique et dénué de cette soi-disant idéologie sous-jacente.

Il est regrettable et dangereux, par ces accusations, de fragiliser un peu plus la liberté d’expression et de création, qui est un droit fondamental, en tentant d’instrumentaliser un travail artistique à des fins personnelles et idéologiques. Et il est triste de constater qu'un combat aussi noble que la lutte contre le racisme, puisse s'égarer ainsi dans les méandres de l’obscurantisme. 
Certes l’œuvre vit du regard qu’on lui porte mais là s’opère un déplacement et une lecture qui ne concerne que son spectateur. 
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